La voute céleste

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Au premier étage de la tour sud, une porte, basse et massive, s’ouvre sur l’univers. L’univers tel que le concevait un humaniste de la fin du 16è s. début du 17è :
Maurice Bressieu (1546 ou 47 – 1617).

Les secrets de la voûte céleste

Comme tout esprit scientifique qui se respecte Andrée Richelme, passionnée d’astronomie, historienne et spécialiste de la voûte céleste, ne cesse de cumuler les questions sur ce qui est devenu au fil des années son objet d’observation favori. C’est pourquoi, avec la ferveur d’une anthropologue, elle sollicite les questions du public et le regard des artistes comme autant d’éclairages nouveaux sur des zones d’ombres multiples.

La Voûte Céleste de Saint Chépy, restaurée en 1977 et aussitôt classée monument historique, représente l’univers tel que le concevait un humaniste de la fin du 16è, début 17è : Maurice Bressieu. Originaire de Saint Jean de Chépy, où il reviendra vivre les dernières années de sa vie après l’assassinat d’Henri IV, ce mathématicien, astronome, latiniste, helléniste, ami de Ronsard, orateur des rois de France auprès des papes, conçut cette voûte céleste très exceptionnelle entre 1609 et 1617.

L’exception tient dans sa forme…de voûte (contrairement aux « italiennes » qui n’ont pas la forme de voûte), aux motifs peints et à leurs styles (plus sobres qu’en Italie).

La voûte céleste a-t-elle été réalisée par un ou plusieurs peintres ? L’inspiration italienne de la peinture murale peut-elle laisser augurer qu’il s’agit d’un ou de peintres italiens ? Ne pourrait-il pas s’agir d’artistes de l’Ecole de Fontainebleau (Le Primatice était italien) ? Quel événement important de la vie de Maurice Bressieu cette voûte commémore-t-elle ? Pas de réponse à cette question mais quelques clés comme ce trou dans le mur par lequel les rayons du soleil passent deux fois par an et qui peut nous donner un jour ? Le centaure Chiron, dont le profil rappelle étrangement celui d’Henri IV, est-il une des clés de l’histoire ? Que représente cette bête très noire que ce même personnage embroche ? Pourquoi tous les personnages sont-ils peints de profil sauf un ? Quel est ce personnage ? Pourquoi tous les personnages, sauf deux, sont-ils nus et pourquoi tous les hommes ont-ils un genou à terre ?

Ce personnage étonnant, encore mystérieux, originaire de Saint Jean de Chépy, né dans une famille protestante qui dut se convertir au catholicisme, pauvre mais étonnamment doué accéda, à peine âgé de 30 ans, au titre très envié de « lecteur au Collège Royal » autrement dit, Professeur au Collège de France à Paris. Mathématicien, astronome à ses heures, latiniste, helléniste, ami de Ronsard, il sut se faire apprécier des rois de France : François II, Charles IX, Henri III et bien sûr Catherine de Médicis puis Henri IV qui marqua sa vie. Promu orateur des rois de France auprès des papes et intendant de la bibliothèque vaticane, il devint le protégé des successeurs de St Pierre.

Après l’assassinat d’Henri IV, il revint dans sa maison natale, le château de Saint Jean de Chépy, qu’il continua d’aménager. Il conçut alors cette très exceptionnelle voûte céleste, soit 49 constellations, peinture murale représentant à deux exceptions près, les figures décrites par l’astronome grec : Ptolémée (2è siècle A.C.)

Sur l’écliptique, dessinée horizontalement, se déroulent les constellations d’un très beau zodiaque, exécuté de main de maître (inconnu). On dénombre treize constellations (et non pas douze) car, face à l’observateur, Ophiucus (ou Serpentaire) avec son serpent, occupe une large place. (Actuellement les astronomes considèrent qu’il y a bien 13 constellations dans le zodiaque). Il s’agit là d’Aesclépios, médecin grec qui découvrit comment rendre les hommes immortels ce qui contraria fort Hadès, le dieu des morts, réduit au chômage. Zeus accepta de sacrifier Aesclépios mais en reconnaissance de son génie, le mit parmi les constellations.

Au dessus du Zodiaque, non loin du Serpentaire, on retrouve un charmant petit personnage qui a disparu des figures du ciel depuis plusieurs siècles : Antinoüs, jeune homme tant aimé de l’empereur Hadrien qui voulut l’immortaliser (135 A.C.). Presque à l’opposé, Persée, vainqueur de Méduse, exhibe la tête coiffée de serpents de la redoutable gorgone…

Chaque personnage rappelle un épisode de la mythologie grecque (ou romaine) mais Maurice Bressieu, contemporain de Tycho Brahé, Giordano Bruno, Képler et Galilée nous raconte ici une autre histoire, la sienne, nous donnant quelques indices qu’il faut, petit à petit décoder.

La voûte céleste de Saint Jean de Chépy protège encore son mystère.

 

QUEYRANNE

Henri MARTINENGHI (propriétaire du Domaine) présentant la Voûte Céleste à Jean Jack QUEYRANNE (Président de la région Rhône Alpes) à l’intérieur de la Tour

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18 juin 2007
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